Nous avons le plaisir de présenter le film LA VENTE SECRÈTE DES JUIFS DE ROUMANIE adapté du livre de Sonia DEVILLERS les exportés. Évènement organisé en partenariat avec l’AMJHL au théatre Beaux-Arts Tabard, 17 rue Ferdinand Fabre.
La séance se fera en présence du réalisateur Pierre GOETSCHEL. L’association SEPHARIM avait reçu Sonia DEVILLERS en 2024.
Voir le synopsis :
Combien valaient-ils ? Pendant près de trois décennies, de la fin des années 1950 jusqu’à la chute du régime de Nicolae Ceausescu en 1989, la Roumanie communiste a orchestré en secret un trafic humain d’une ampleur inédite. Des centaines de milliers de Juifs roumains ont été littéralement vendus : d’abord troqués contre du bétail, du matériel agricole ou des machines venues d’Occident, puis monnayés directement en devises auprès d’Israël. Ce commerce clandestin, véritable rançon organisée au plus haut niveau de l’État, est l’un des secrets les mieux gardés du bloc de l’Est.
Le film dévoile les rouages et les enjeux insoupçonnés de ce système à travers une plongée dans les archives déclassifiées de la Securitate. Dans la suite du livre de Sonia Devillers « Les Exportés », le film suit une vaste enquête qui en forme un prolongement, et révèle comment un pays, déjà marqué par l’antisémitisme virulent du régime fasciste d’Antonescu, a poursuivi l’effacement progressif de la plus importante population juive d’Europe après-guerre. Des 750 000 juifs dans les années 1930, il ne restait plus que quelques milliers en Roumanie à la chute du communisme.
En croisant rapports confidentiels, écoutes téléphoniques issus de services roumains et la mémoire des survivants dispersés en Europe, ou en Israël, le film redonne visage et voix à ceux dont l’histoire a été effacée. Les récits intimes des familles se confrontent aux documents des services secrets du régime où les noms des « exportés » apparaissent listés à côté de porcs reproducteurs ou de vaches laitières, témoignant d’un marchandage glaçant et méconnu.
Ce film ne se contente pas d’exhumer un trafic oublié : il interroge la mécanique d’une invisibilisation, celle d’un peuple réduit au silence et dont la mémoire a été effacée par la dictature. À l’heure où l’Europe est de nouveau traversée par la montée des nationalismes, cette enquête résonne comme une mise en garde, rappelant qu’au cœur même du XXᵉ siècle, des vies humaines ont pu être transformées en monnaie d’échange.

